J’y pense,…et puis j’oublie

Tous les formateurs connaissent ce moment de solitude. Celui du troisième jour de formation. Quand on s’aperçoit que les apprenants ont déjà oublié ce qui est passé dans leur tête il y a moins de 48h (Euh vous étiez tous absents le premier jour ou…?). Pas de panique. On ne se jette pas (tout de suite) par la fenêtre. On respire et on écoute Hermann Ebbinghaus !

Hermann Ebbinghaus qui aurait 169 ans aujourd’hui (information à oublier) est un philosophe allemand. Il appartient au courant psychologique de l’associationnisme (si vous avez oublié ce que c’est… vous pouvez toujours cliquer là) mais le plus important à retenir, c’est ça :

Courbe d'Ebbinghaus

En résumé : le premier apprentissage d’une information nécessite une grande dépense cognitive, mais son oubli est très rapide… ( au bout de 20 min, l’apprenant aurait oublié 42 % de ce qu’il vient d’apprendre… aïe) . Un second apprentissage de la même information est plus persistant et l’effort pour retenir est moins grand. Ainsi de suite. Après plusieurs réapprentissages, les éléments sont acquis sur un terme long.

Précisons que Ebbinghaus a réalisé son étude sur lui-même en mémorisant des séries de syllabes indépendantes et dénuées de sens. C’est donc une courbe à valeur indicative et non une loi générale applicable à tous.

MAIS même si la dimension individuelle de l’apprentissage (les conditions d’apprentissage, le type d’information, l’intérêt personnel pour le sujet, etc.) ne doit pas être négligée, l’allure générale de la courbe peut permettre d’envisager des stratégies pour un enseignement visant des apprentissages pérennes.

Des stratégies de mémorisation

Pour favoriser la mémorisation, on peut prévoir :

  • une mémorisation initiale soutenue : reprendre 2 à 3 fois les essentiels sur un espace de temps court
  • des modalités d’acquisition dans le temps : des reprises ultérieures avec des écarts de plus en plus grands dans le temps

Approximativement, on pourrait envisager le rythme suivant de réapprentissage compté en semaines : 1, 2, 4, 8, 16…

Il faut au moins 3 à 4 reprises pour assurer une mémorisation correcte à terme.

Et en e-learning ?

En e-learning, on envisage souvent le quiz comme un moyen de vérifier l’acquisition des connaissances, mais il peut s’agir également d’une puissante méthode de mémorisation.

Plusieurs conditions sont intéressantes pour tirer le plus grand bénéfice de ces exercices :

  • Inciter les apprenants à faire un réel effort de rappel sans se contenter trop rapidement de conclure « je sais ou je ne sais pas » car la mémorisation est souvent proportionnelle à l’effort…
  • Donner un feedback proche en leur fournissant les réponses aux questions dès après le test.
  • Permettre aux apprenants d’établir des liens entre les informations nouvelles et celles déjà en mémoire.

La flexibilité des technologies en ligne permet de varier les activités de rappel : un encart de mémorisation, des flashcards, une vidéo, un jeu, un cas pratique, une carte mentale, un schéma…

Pour approfondir :

Apprendre et enseigner avec les sciences cognitives – Direction des Ressources humaines de l’Armée de terre : Fun MOOC, Chaîne YouTube

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