Quelle place pour le visuel dans l’apprentissage des langues?

Dans l’apprentissage des langues, on s’appuie avant tout sur l’oral, puisqu’il s’agit bien sûr d’apprendre à communiquer. Mais certains apprenants ont aussi besoin de supports visuels pour retenir efficacement, quels outils peut-on leur proposer ?

Chacun a sa propre façon de percevoir, d’analyser, de réfléchir et de mémoriser l’information. Selon l’enseignant et chercheur Neil Fleming (modèle VARK), on peut distinguer quatre grands styles d’apprentissage :  visuel, auditif, lecture-écriture et kinesthésique. En réalité, personne n’a une préférence exclusive pour un seul modèle, mais chacun aurait bien un style d’apprentissage dominant, préféré.

En tant qu’enseignant, il semble intéressant de savoir reconnaître ces styles d’apprentissage. En effet, selon certains chercheurs, l’adaptation des contenus à apprendre à la méthode privilégiée par chacun pourrait rendre l’apprentissage plus facile. C’est sans doute utile en pratique dans un cours particulier. Pour un groupe, une formation en langue sera plus efficace si elle combine différentes méthodes, donnant ainsi à tous les apprenants, quel que soit leur style préféré, la possibilité de s’impliquer en les aidant à apprendre plus vite.

Prenons le cas des apprenants plutôt visuels, qui sont-ils et que peut-on utiliser pour les aider à progresser plus vite ?

Qui sont les apprenants visuels ?

Une image vaut mille motsLes informations entrent par l’œil. La personne au profil visuel transforme les mots, les informations, les paroles en images. Elle voit des photos ou un film dans sa tête. Elle a besoin de voir pour comprendre et retenir. Elle retiendra plus facilement des informations quand elles sont écrites ou sous forme de tableaux, graphiques, vidéos, etc.

La personne de ce type d’apprentissage est facilement distraite par l’encombrement visuel.

Il est intéressant de prendre conscience que la nouvelle génération (nos futurs apprenants, les Z!) semble pleinement ancrée dans un mode de gestion mentale qui privilégie l’image au détriment de l’écrit. Pourquoi écrire un texte, lorsqu’on peut envoyer une image, une vidéo, un GIF ou même un ¨emoji¨, lorsqu’on a grandi avec les vidéos et les photos HD ? (Source : http://raymondmorin.com/2015/09/24/la-generation-z-les-nouveaux-phares-de-lere-numerique/). Les modes d’apprentissage en sont-ils modifiés ? L’enseignement doit-il/sait-il s’adapter à cela ?

Quels supports visuels pour le français ?

Pour les apprenants visuels, le tableau, paperboard ou autre support d’affichage utilisé par l’enseignant est important. Il convient d’y apporter un soin particulier : écriture lisible, couleurs, organisation des informations, etc. Pas toujours évident dans le feu de l’action !

Au-delà de l’écriture de phrases ou de mots, l’utilisation de schémas peut aussi être très efficace. En grammaire notamment, un schéma peut sauver un apprenant (et parfois aussi l’enseignant face à l’incompréhension totale d’un étudiant débutant…).

Que pensez-vous par exemple de cette « leçon visuelle » sur le passé composé ?

passecompose

On parle également de plus en plus des cartes heuristiques (mind maps) qui sont reconnues pour favoriser la mémorisation. Ce sont des graphiques représentant des idées, des tâches, des mots, des concepts qui sont liés entre eux autour d’un sujet central. Ce mode de représentation est très intuitif car il reprend la façon dont le cerveau fonctionne.

On peut lire à ce sujet l’article de Marion Charreau, spécialiste des cartes mentales (de véritables œuvres d’art !) et rédactrice du site Territoires des LanguesEnseigner le français à l’aide des cartes heuristiques ou celui de Stéphanie Sochas « Penser autrement : l’usage de la carte mentale en classe de FLE »

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Pour ma part, j’utilise souvent en cours de façon spontanée la mise en réseau pour les apprentissages lexicaux. Il s’agit de visualiser les liens entre les mots pour les retenir plus facilement. Ce qui peut donner ceci quand des réceptionnistes en hôtellerie parlent de leurs qualités professionnelles :

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De nombreux logiciels de cartographie mentale permettent aux apprenants de construire des cartes mentales en ligne. Fidel Navamuel en parle sur son site Les outils TICE : Mindmeister, DrawExpress, Coggle et Popplet.

Si l’enseignant peut aider l’apprenant à mettre en place des stratégies d’apprentissage adaptées et efficaces grâce à la diversité des outils qu’il propose, il reste à celui-ci de prendre conscience de ses propres habitudes et procédures mentales. Le modèle VARK propose un test en ligne pour reconnaître son style d’apprentissage : De quelle façon j’apprends le mieux ?

Et vous, quels supports visuels utilisez-vous dans vos cours ?

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